vendredi, 26 décembre 2008

Finitude et ouverture : vers une éthique de l'espace. Sur les fondements de la société.

GLOBE_06.jpg"La différence topologique originelle entre l'intérieur et l'extérieur s'impose dans un premier temps sans jalons matériels massifs ; sur elle repose l'univers magique des identités qui, dans la plénitude démesurée de ses réalisations isolées, répète constamment la loi de la production d'espace dominée par l'endosphère." Dans cette constatation, le philosophe Peter Sloterdijk trouve matière à une réflexion sur la manière dont un groupe humain parvient à créer, sans même avoir recours aux murs, la "serre relationnelle" qui mènera les individus du groupe à leur optimum relatif. Il s'interroge sur la notion "d'intérieur", et sur le rôle de l'étrangeté dans la création des cultures au sein de "sphères" d'où l'on a exclu le mal. Une réflexion hors du commun, comme toujours avec cet auteur, sur la genèse de la sphère sociale et sur le rôle du "bien" et du "mal". Pour tenter de répondre à ces questions, l'exposé prendra appui sur le repérage des ruptures qui ont caractérisé, entre l'Antiquité et le XXe siècle, la longue histoire du livre, de l'édition et de la lecture.

Vidéo

jeudi, 11 décembre 2008

Le politique après la modernité

bulle_bosch_fleur400.jpgDe façon plus générale, c’est toute la politique comme théologie sécularisée qui est en train de s’estomper. « C’est surtout une métaphysique de la volonté qui s’est effacée à la fin du XXe siècle, écrit Pierre Rosanvallon. Il est désormais tout simplement impossible de continuer à penser la démocratie sur le mode théologicopolitique qui était implicitement le sien ».

Que faut-il entendre par là ? D’abord que la politique sacralisée, caractéristique de la modernité, avec sa conception absolutiste de la souveraineté, ses partis organisés comme des Eglises, ses militants à l’engagement quasi-sacerdotal, inscrit dans la longue durée, n’est aujourd’hui plus audible. Croyance politique et croyance religieuse se séparent, en ce sens que la première cesse de décalquer la seconde. L’entrée dans l’ère postmoderne implique l’abandon de tout espoir de matérialisation historique d’un absolu (la nation, le peuple, la classe, la race, etc.). Le sentiment de vacuité que certains en ressentent — conforté par l’impression que l’Etat « tourne à vide », que les hommes politiques se contentent de « suivre » des évolutions qu’ils ne maîtrisent plus — n’est que la désorientation qui résulte de l’épuisement de cette forme de politique qui fonctionnait comme substitut existentiel de la foi. Il n’est pas étonnant que les tenants de l’Ancien Régime, les thuriféraires de la République « une et indivisible » et les nostalgiques de l’Ordre nouveau ne parviennent ni à le comprendre ni surtout à l’admettre : c’est leur monde qui s’effondre. « Nous sommes en train d’apprendre la politique de l’homme sans le ciel — ni avec le ciel, ni à la place du ciel, ni contre le ciel », remarque Marcel Gauchet.

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lundi, 17 novembre 2008

L’insurrection qui vient

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vendredi, 07 novembre 2008

Slobodan Despot sur Unabomber

http://www.editions-xenia.com/

http://despotica.blogspot.com/

On retrouvera également S. Despot dans l'émission Ce soir ou jamais

vendredi, 10 octobre 2008

Stiegler, "Combattre Dionysos avec Dionysos"

http://www.dailymotion.com/relevance/search/stiegler%2Bni...

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samedi, 04 octobre 2008

Slavoj ZIZEK, "État d’urgence et dictature révolutionnaire"

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En fait tout a commencé dans les années 1950 et 1960, quand l’École de Francfort a adopté une attitude de plus en plus critique vis-à-vis de la notion marxiste classique de la nécessité historique de la révolution. Cette critique a culminé dans l’abandon de la notion hégélienne de « négation déterminée », son versant complémentaire résidant dans la montée de la notion du « tout autre » (ganz Anderes) en tant que perspective de dépassement utopique de l’ordre technocapitaliste mondial. L’idée est que, puisque la « dialectique des Lumières » tend vers le point zéro de la société totalement « administrée », il n’est plus possible de concevoir une rupture possible d’avec la spirale mortifère de cette dialectique au moyen de la notion marxiste classique selon laquelle le Nouveau sortira des contradictions même de la société actuelle, à travers son dépassement immanent. L’impulsion nécessaire à un tel dépassement ne peut venir que d’un Ailleurs, d’un Autre non-médié. L’abandon de la négation déterminée n’est bien entendu que l’autre versant de l’acceptation du triomphe du capitalisme. Le signe le plus tangible du triomphe idéologique du capitalisme se trouve dans la disparition virtuelle du terme au cours des deux ou trois dernières décennies.

 

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mardi, 09 septembre 2008

Esquisse d'un manifeste fractionnaire

De la souveraineté

Sous-titré « éléments pour un manifeste fractionnaire », De la souveraineté est une contribution à la réflexion sur la refondation d’un avenir concret pour les Français d’après la France.

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mercredi, 03 septembre 2008

Jean-Luc Pujo : L’éveilleur pyrénéen

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J’ai connu Jean-Luc Pujo, il y a une quinzaine d’années. Nous faisions partie de ces humbles fonctionnaires qui de Cycles Préparatoires en Instituts continuent à se forger un savoir qu’ils pensent être destiné au service de la collectivité.

Jean-luc tranchait sur nous autres, misérables vieux potaches, par son sérieux, sa gravité, son paravent de solitude.

Là où nos camarades d’étude se disposaient déjà à mimer les tics, les gestes et le langage hermétiquement abscons des futurs hauts fonctionnaires qu’ils se rêvaient devenir, Jean-Luc arpentait les salles, les couloirs et les allées de sa démarche régulière, lourde et puissante que Simenon aurait qualifié d’allure d’honnête homme…Seul le clignotement incessant de ses paupières et la mobilité extrême des yeux laissaient deviner un esprit sans cesse en mouvement, un goût de l’observation et de la curiosité aussi scientifique que l’entomologiste Monsieur Fabre. Le bonhomme m’intriguait comme un bol d’air dans la fournaise d’un volcan.

Très vite, sa soif de connaissances, son obstination inébranlable dans l’effort captiva mon attention. Nous étions, en apparence, l’illustration parfaite des contraires : lorsque je risquais « un coup de génie et ça suffit ! », il marmonnait : « se remettre à l’ouvrage jusqu’à l’épuisement. ». Lorsque je noyais mes interlocuteurs sous un flot de provocations politiques provoquant maintes menaces d’exclusion du groupe et de rêves secrets que je finisse au bagne, il était le seul à dire avec son accent inimitable : « Laisse ces pitres, arrête de déconner. Viens on va parler sérieusement. ».

Et depuis, nous nous parlons, nous nous emportons, nous nous engueulons, nous nous insultons et nous nous faisons la gueule.

Bref, nous sommes amis, sans doute est-il pour moi l’un des plus précieux.

Aussi, à la parution de son livre les chemins de terre, je suis resté plusieurs jours, sans l’ouvrir, à regarder l’ouvrage posé sur mon bureau. Certes, il m’avait parlé de ce projet il y a quelques temps et l’idée m’avait enthousiasmé. Mais là, preuve indéniable, il avait osé … Enfin, il avait osé et il savait jusqu’où la devise des Parachutistes «  Qui ose gagne » avait pu me conduire.

L’écriture du visionnaire comme l’engagement militaire peut aller jusqu’au sacrifice. Je craignais pour la vie de mon ami car j’étais certain de trouver au fil des pages le message de l’éveilleur, puisé au plus profond des racines de la terre, ce message dont les médiocres et les jocrisses qui nous gouvernent, refusent l’écoute et réservent à leurs porteurs un sort souvent peu enviable …

Avec précaution, j’ai ouvert la première page puis, sans interruption aucune, j’ai lu jusqu’à la conclusion : « … et je compris soudain le signe heureux des dieux …il était d’espérance …La France -un jour- pareil ! ».

J’ai vu se dérouler le film douloureux et tendre de la patrie charnelle. J’ai pu ressentir combien pour Jean-Luc, le terrien, « la forêt était son poumon », combien il avait besoin des orties et des ronces pour mêler Valmy à Jérusalem, Charlemagne à De Gaulle, le druide et la fleur de gui à Durandal

J’ai mesuré l’émotion éprouvée en évoquant « le panthéisme patriotique » d’Hélène, l’institutrice de la boue, du froid et des saisons des contrées austères. J’ai dégusté la mémoire oubliée dans ces quelques lignes : « J’observais ce monde qui me devenait familier avec un intérêt presque anormal : insectes, animaux sauvages… Je guettais cette vie comme le prolongement de la mienne. Je pouvais rester perché sur un arbre -au sommet de la colline- dominant le village, durant des heures. ».

J’ai retrouvé l’héritage Heideggérien : « Les chemins de terre ont de bien singuliers destins. Certains s’égarent vite dans les bois ou les hautes futaies … Le promeneur distrait glissera vers la pente facile, pour s’étonner penaud d’avoir été perdu. ».

Jean-Luc nous rappelle que la nature n’est pas une chose posée seulement vouée à la contemplation. C’est dans la mesure où l’on aime la terre que l’on aime la Terre. Comme Maître Martin il couple « les chemins qui ne mènent nulle part » et « l’acheminement vers la parole » : « accepte de cheminer sur les sentiers passionnants de la pensée humaine ».

Il faut se perdre, s’isoler hors des sentiers battus, se couper des apparences, des mondes factices,des spiritualités enivrantes pour se retrouver penseur en quête d’une réalité toujours dissimulée. Il faut fouiller, fureter, aller voir derrière, redécouvrir le sens sacré du savoir au hasard « d’une carte de géologie ou d’Histoire de la France de Vidal ».

Je m’aperçois en écrivant que je vous parle d’une vertigineuse méditation poétique car si ce grand petit livre est une invitation à la philosophie politique, notamment à l’humanisme, l’ontologie ou l’aliénation, il nous transmet la fraîcheur de Pagnol et la profondeur d Hölderlin. C’est là sa force surprenante et, je le crois, la source de sa durée.

Il est des amis qui vous guident et vous inspirent comme il est des livres qui deviennent vos amis. Je fus triste longtemps ne n’avoir connu Jérusalem qu’après la mort du Maître Yeshayaou Leibowitz qui disait : « La valeur ce n’est pas ce qui est atteint mais ce que l’Homme fait pour l’atteindre ». C’est l’effort vers qui compte plus que le but. Suivez, dans l ‘effort les chemins de terre et vous approcherez ne serait-ce qu’un peu la prodigieuse idée métaphysique d’une possible vérité : « Il faut que tout change pour que rien ne change ! ».

Jean-marc DESANTI

dimanche, 31 août 2008

Sloterdijk au sujet des médias

mardi, 26 août 2008

Nous sommes de retour !

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De retour de vacances dans les Balkans, nous retiendrons la gentillesse de nos hôtes serbes, l'ambiance mafia de la côte du Monténégro, la beauté de Dubrovnik, la timidité bosniaque.

Ljubljana est un mélange d'Italie et d'Europe centrale.

A Sarajevo, les immeubles et églises criblés de balles nous plongent dans un passé proche dont les blessures ne guériront sûrement jamais. Nous nous disons qu’il est déjà bien qu’elles ne s’infectent plus, pour l’instant.

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Malgré cela , nous ressentons comme partout où nous sommes passés un hédonisme typiquement balkanique. Bien qu’en Bosnie les habitants soient moins démonstratifs qu’en Serbie, la fête dure toute la nuit. Le pont reconstruit de Mostar vibre entre l’appel du Muezzin, les groupes folkloriques et la boite de nuit où le plafond n’est autre qu’une grotte naturelle. Un islam est différent de celui de la France. Implanté depuis le 14ème siècle, il s’est greffé sur le caractère européen de la Bosnie: ce n’est ni l’islam du désert, ni l’islam kebab radical de banlieue, encore moins l’islam républicain. Dans les villes, très peu de femmes voilées.

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A première vue, hormis les mosquées et les minarets, on se croirait en pays chrétien. Cependant, lorsque l’on côtoie les gens de plus près , les moeurs sont différentes. Dans la rue, en une après midi, seulement deux couples se tiennent la main. En boite de nuit, les gens dansent mais ne se touchent pas. L’apparence est occidentale, mais les attitudes sont musulmanes. Quand aux campagnes, c’est l’ambiance « sceptre d'ottokar », c’est l’islam des forêts. Chacun de nous se dit que nous ne pourrions y vivre du fait des sinistres et de la situation sociale et identitaire tendue mais que malgré cela, la Bosnie restera comme l’un des pays les plus authentique, spirituel et sauvage que nous ayons vu.

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Direction le Monténégro. Petite halte en Croatie dans la très jolie cité de Dubrovnik.

A l'entrée de la ville , une plaque en mémoire des victimes croates des armées serbes , bosniaques et monténégrines.

Arrivée à la frontière. Taxe écologique. 45 minutes d'attente. Problème de vignette...

Autre poste frontière. 2 h 30 d'attente. Nous passons.

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Première impression : la côte adriatique est plus belle sur les photos ! Hormis deux petites villes plutôt préservées, nous ne comprenons pas la taxe écologique! Les rues sont sales.

Arrivée à Ulcinj, , ville à la frontière de l'Albanie. 90 % d'albanais, 10 % de monténégrin.

Petite affaire avec des albanais à propos d'un téléphone oublié dans leur cybercafé, récupéré grâce à l'aide d'un kosovar d'origine turco bosniaque. Il n'aimait pas tellement les gitans.

Un personnage à part !

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Quand à la Serbie, l'entrée à la frontière se fait sans problème , avec même un petit mot en français.

Au Guca festival, sorte de rendez-vous du kitch nationalisme serbe, on trouve à tout les coins de rues des tee-shirt de Mladic et Karadzic ! Beaucoup de gitans très pauvre. Les seuls français que l’on croise sont bien sûr des raveurs. Ils n’ont pas l’air d’être choqués par l’exaltation de la nation serbe ( un nombre des drapeaux de milices incalculables ) et le culte des « héros » de guerre ( c’est comme ça qu’on nous les décrit pour vendre les tee-shirt). Nous nous disons qu’ils sont aveugles et qu’ils ne voient que les orchestres « tziganes » (tous arborant « Kosovo je Srbjia ». Intégration ? Bon moyen de se faire de l’argent ? Sûrement les deux. ) et les cinq effigies de Guevara Lynch entourés des maillots de foot.

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Mais ne nous y trompons pas, cette grosse fête de village orthodoxe n’en reste pas moins un rendez-vous commercial immense. Les étrangers apprécient. Les serbes profitent, en bon peuple balkanique, tant qu’ils le peuvent.

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BEOGRAD

Fin du périple. Belle ambiance. Mais ville sinistrée. Elle renaît peu à peu, selon les quartiers. Les gens sont très attachés à la partie de la ville dans laquelle ils vivent. Chacun de nos amis nous fait la promotion de Zemun, de Novi Beograd.

Un petit tour par Novi Sad , la deuxième ville, très authentique.


Retour en France. Ce genre de voyage vous éloigne toujours plus du nationalisme français étriqué pour vous rapprocher encore plus du patriotisme européen. Même si c’est vrai qu’on ne pourra jamais abandonner les croissants pour les burek (pita à la viande, oignons, pommes de terre) au petit déj !

 

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mercredi, 16 juillet 2008

Alain Finkielkraut sur le métissage

 

dimanche, 22 juin 2008

Shadows of Forgotten Ancestors ( Les chevaux de feu) - Ivan and Palagna

mercredi, 11 juin 2008

Le medium, c'est le message

Le sociologue canadien Herbert Marshall McLuhan s'intéresse aux techniques modernes de diffusion et à leur incidence sur la société. Figure médiatique des années 1960 et 1970, il acquiert une renommée internationale pour ses travaux sur la communication de masse. Son analyse des médias, révolutionnaire pour l'époque, fait de lui l'un des grands penseurs du XXe siècle.


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Dans ses travaux, McLuhan étudie le rapport qui s'établit entre le contenu et le canal qui l'achemine. Le résultat de ses recherches, sur lesquelles il fonde l'essentiel de sa théorie, repose sur cette phrase : «  the medium is the message ». Qu'est-ce à dire ? Selon McLuhan, le moyen de transmission par lequel nous recevons le message, c'est-à-dire le média, exerce autant, sinon plus d'influence sur nous que le contenu lui-même. La manière dont nous percevons l'information est transformée par le média qui nous la transmet. D'après McLuhan, notre façon de percevoir les messages est transformée par les médias. Comme l'explique le cinéaste André Martin, nous ne comprenons pas Shakespeare de la même manière qu'il était compris jadis, car les perceptions sont modifiées.

La manière d'aborder les sujets, les notions fondamentales, telles l'espace ou le temps, ont évolué elles aussi, et cette évolution influe sur notre civilisation qui, a fortiori, se transforme. Le média, c'est-à-dire le canal qui permet la transmission (radio, télévision, journaux, téléphone, etc.) crée un milieu qui agit sur nos perceptions sensorielles. Nos sens : le goût, le toucher, l'ouïe, l'odorat et la vue, réagissent différemment selon le média. McLuhan explique que les médias sont des extensions de nous-mêmes : le livre est le prolongement de l'œil, le téléphone et la télévision sont l'extension du système nerveux…

Visionner le dossier sur le site de Radio Canada 

mardi, 10 juin 2008

Sauver Marx [contre l'Empire] ?

[SEMINAIRE] Empire, multitude, travail immatériel - par El Mouhoub Mouhoud , Pierre DARDOT, Christian LAVAL

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Extrait: 

Qu’est-ce que l’Empire ? Un nouveau paradigme du pouvoir. Il faut en effet en prendre acte : « L’impérialisme, c’est terminé. » Alors que l’expansion impérialiste présupposait une partition binaire de l’espace (métropoles/« terres vierges » à coloniser) ainsi qu’une hiérarchie interne (un impérialisme dominant), l’Empire se définit par une absence de centre : « Notre Empire postmoderne n’a pas de Rome. » Il en est donc de l’Empire comme jadis de l’univers dans la cosmologie infinitiste: son centre est partout et sa circonférence nulle part. Si l’Empire n’a pas de centre, c’est parce qu’il n’a pas de limites, donc pas de dehors. « Dans cet espace lisse de l’Empire, il n’y a pas de lieu de pouvoir : celui-ci est à la fois partout et nulle part. L’Empire est une u-topia, c’est-à-dire un non-lieu. »

C’est dire que le transfert de souveraineté des États-nations à ce « nouveau Léviathan » qu’est l’Empire n’a pas pour effet de reconstituer à l’échelle internationale un super-État venant englober les petits États : cela équivaudrait en effet à une nouvelle centration de l’espace mondial à partir d’une hiérarchie de pouvoirs subordonnés les uns aux autres. L’image de la pyramide à trois étages (au sommet le monopole de la force, juste en dessous les sociétés transnationales et la plupart des États-nations, à la base les ONG) n’entend nullement suggérer une telle hiérarchie, elle donne seulement à voir la réalité d’une « hybridation » entre les différentes fonctions du pouvoir. La nouvelle souveraineté est en réalité décentralisée et déterritorialisée, elle revêt elle-même la forme d’un réseau et opère par une mise en ordre continue (ordering) ou par une régulation, à la fois fine et diffuse, qui investit tous les points du champ social.

Dans ces conditions, expliquent les auteurs d’Empire, nous n’avons d’autre choix que de « nous défaire une fois pour toutes de la recherche d’un point de vue extérieur, rêve de pureté pour notre politique 11 ». Il faut lucidement faire notre deuil de tout « être-dehors ». Aussi le maître mot de toute opposition sérieuse à l’Empire est-il « être-dans », c’est-à-dire agir à l’intérieur de l’Empire et sur le terrain même de l’Empire. À ce nouveau paradigme du pouvoir correspond en effet un nouveau paradigme de la résistance au pouvoir. À la souveraineté impériale correspond une nouvelle manière d’être des luttes, caractérisée par la réticularité et l’incommunicabilité...

lundi, 09 juin 2008

Sur Les Collines de Mandchourie - Urga

Extrait de la bande originale du film URGA de Nikita Mikhalkov (1991)

Valse célèbre datant de 1906, initialement composée par Ilya Alekseevitch Shatrov à la mémoire de ses compagnons morts durant le conflit russo-japonais de 1904-1905 qui aboutit à un massacre des russes sur les collines de Mandchourie.
Cette valse a été reprise et adaptée par Richard Galliano pour les besoins du film URGA.

dimanche, 08 juin 2008

Chatov, personnage de Dostoïevski

[Euro-Synergies] Dans l'œuvre de Dostoïevski, plus particulièrement dans Les Possédés, le personnage de Chatov, selon la plupart des exégètes, serait le porte-parole de l'écrivain lui-même et de l'idéologie nationaliste/racialiste russe. Le slaviste allemand Reinhard Lauth conteste cette interprétation classique, qui fait de Dostoïevski un idéologue génial de la "slavophilie" voire du panslavisme. Sur quoi repose ce soupçon et/ou cette affirmation ? Telle est la question que se pose Lauth. Pour nier le fait de la slavophilie de Dostoïevski, Lauth nous révèle, dans un chapitre de son livre consacré à "Dostoïevski et son siècle", l'essentiel de cette idéologie nationale russe sous-tendue par une conception du "peuple", dérivée de la matrice herdérienne mais rendue terriblement originale par l'apport d'une religiosité orthodoxe slave.

La Russie "corps de Dieu" face à l'Occident cupide

Dostoievski.jpgL'idéologie populo-centrée défendue par le personnage Chatov apparaît dans le chapitre intitulé "La Nuit" des Possédés. Chatov dialogue avec le Prince Stavroguine, devenu presque athée, au contact de la civilisation occidentale. Chatov affirme que le peuple est la plus haute des réalités, notamment le peuple russe qui, à l'époque où il pose ses affirmations, serait le seul peuple réellement vivant. En Europe occidentale, l'Église de Rome n'a pas résisté à la "troisième tentation du Christ dans le désert", c’est-à-dire à la "tentation d'acquérir un maximum de puissance terrestre". Cette cupidité a fait perdre à l'Occident son âme et a disloqué la cohésion des peuples qui l'habitent. En Russie, pays non affecté par les miasmes "romains", le peuple est toujours le "corps de Dieu" et Dieu est l'âme du peuple, l'esprit qui anime et valorise le corps-peuple.

L'idéologie de Chatov, écrit Lauth, se trouve en quelque sorte à une croisée de chemins : entre un christianisme orthodoxe et une sorte de "feuerbachisme" qui interprète le christianisme comme une sublimation de l'esprit du peuple, exactement comme Feuerbach avait interprété la Trinité chrétienne comme une sublimation de la famille sociologique. Dieu ne serait-il plus qu'une projection du Peuple, l'extériorisation d'un "collectif" repérable empiriquement ?

La puissance de l'esprit qui anime le peuple détermine son existence historique. Cet esprit est une force affirmatrice de l’Être et, partant, d'existence, qui nie la mort. Puissance religieuse, cet esprit s'exprime dans la morale, l'esthétique, etc. Il est recherche de Dieu et, par rapport à lui, science et raison ne sont que des forces de 2nd rang, qui ne sont jamais parvenues, dans l'histoire, à constituer un peuple.

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samedi, 07 juin 2008

La vie dans les sphères : comment vivre dans un oikos éclaté ?

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Salvador Dali - Galatea aux Spheres

Frédéric Neyrat. Docteur en philosophie, ancien Directeur de programme au Collège International de Philosophie. Publications : « Fantasme de la communauté absolue » (L’Harmattan, 2002) ; « L’image hors-l’image » (Leo Scheer, 2003). « Surexposés » (Lignes - Manifeste, 2005) ; « L’indemne. Heidegger et la destruction du monde » (Sens et Tonka, 2008).

Les individuations singulières et collectives ne sont possibles qu’au sein de ce que Peter Sloterdijk nomme des « sphères », des « insulations », des milieux « prothétiques » assurant les médiations entre ces individualités, ainsi que les formes de protections nécessaires à l’épanouissement de la vie. Or notre époque traverse une crise majeure de l’habiter, une fragilisation, voire une destruction des territoires existentiels. Les « sphères » collectives ont éclaté sous le coup de la globalisation capitaliste et de la modernisation techno-scientifique. Ce texte analyse les tentatives de substitution méga-sphérologique type Biosphère ou Noosphère, ainsi que les replis subjectifs sur des micro-sphères autistiques. Si les secondes sont dangereuses, les premières sont ambiguës. L’écologie politique devrait selon nous prendre en considération et ce danger, et cette ambiguïté.
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vendredi, 06 juin 2008

Banlieue Anti-Système

opinions_080602_bas2.jpgPréférer la lutte organisée à la pleurnicherie et au rap... Voilà un discours qui, à bien des égards, s'oppose à la rhétorique victimaire et condescendante du système politico-médiatique à propos des banlieues.

Egalité et Réconciliation présente B.A.S (Banlieue Anti-Système), groupe qui par delà nos divergences,  parfois profondes, lutte comme nous pour la création d'une opposition intelligente au Janus Bifrons que représente l'oligarchie politique de l'UMPS.  Au même titre que B.A.S, E&R tente de réunir les forces révolutionnaires qui, depuis trop longtemps, ont été artificiellement divisées pour le plus grand bénéfice des tenants actuels du destin de la Nation. Par fidélité à nos principes de dialogue et par soutien à un groupe de militants courageux et épris de justice, E&R a le plaisir de vous présenter l'interview filmée des deux dirigeantes de Banlieue Anti-Système.

Visionner l'entretien sur ER

jeudi, 05 juin 2008

Sommes-nous les derniers hommes ?

Nietzsche83site.jpgGrégaire, oisif, hédoniste et humaniste, le dernier homme de Nietzsche incarne le termed’un processus de dégénérescence d’une humanité endormie par les narcotiques que sont les valeurs chrétiennes et démocratiques. Nietzsche aurait-il été visionnaire ?

Comme son nom l’indique, le dernier homme représente l’homme le plus méprisable qui soit, le terme possible de l’évolution –ou plutôt de l’avilissement– de l’humanité, si le processus de décadence se poursuivait jusqu’au bout et met-tait fin à toute perspective d’avenir. Cet homme crépusculaire est aux antipodes du surhumain, qui incarne au contraire l’avenir de l’humanité. Une distance infinie sépare en effet l’homme fragmentaire, servile, qu’est le dernier homme du surhumain, c’est-à-dire de l’homme complet, souverain. En accentuant de la sorte le contraste entre ces deux pôles extrêmes de la hiérarchie humaine, Nietzsche a voulu dépeindre de la manière la plus vive le choix décisif entre montée et déclin que chacun de nous est, selon lui, nécessairement amené à faire. Ainsi, lorsque Zarathoustra brosse le portrait peu flatteur du dernier homme dans le Prologue, c’est dans l’espoir de susciter le mépris de la foule, que la description du type surhumain n’avait guère émue. Cet homoncule, cet homme avorté que Nietzsche voyait avec dégoût se profiler à l’horizon de la modernité a renoncé à toute grandeur et n’aspire plus qu’à vivre confortablement et le plus longtemps possible. Semblable à un puceron hédoniste, il a en aversion le danger et la maladie: «On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit: mais on révère la santé.» Il veut travailler le moins possible et met au-dessus de tout la paix, la tranquillité, la sécurité. Nietzsche compare pour cette raison cet adepte d’une vie sédentaire, en troupeau, à un animal grégaire. Si la civilisation conduit à ce piètre résultat, estime-t-il, c’est qu’elle est en réalité une entreprise de domestication de l’homme: sous prétexte de ren-dre l’homme meilleur, elle le rapetisse, le dévirilise, le déshumanise.

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mercredi, 04 juin 2008

Hélène Saint-André-Richard

« Pour moi, un tableau c'est l'articulation d'une prière, un moyen magique pour atteindre l'au-delà, au sein du là. »

Drieu la Rochelle Histoires déplaisantes • 1963 Journal d'un délicat

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