mardi, 10 juin 2008
Sauver Marx [contre l'Empire] ?
[SEMINAIRE] Empire, multitude, travail immatériel - par El Mouhoub Mouhoud , Pierre DARDOT, Christian LAVAL


Qu’est-ce que l’Empire ? Un nouveau paradigme du pouvoir. Il faut en effet en prendre acte : « L’impérialisme, c’est terminé. » Alors que l’expansion impérialiste présupposait une partition binaire de l’espace (métropoles/« terres vierges » à coloniser) ainsi qu’une hiérarchie interne (un impérialisme dominant), l’Empire se définit par une absence de centre : « Notre Empire postmoderne n’a pas de Rome. » Il en est donc de l’Empire comme jadis de l’univers dans la cosmologie infinitiste: son centre est partout et sa circonférence nulle part. Si l’Empire n’a pas de centre, c’est parce qu’il n’a pas de limites, donc pas de dehors. « Dans cet espace lisse de l’Empire, il n’y a pas de lieu de pouvoir : celui-ci est à la fois partout et nulle part. L’Empire est une u-topia, c’est-à-dire un non-lieu. »
C’est dire que le transfert de souveraineté des États-nations à ce « nouveau Léviathan » qu’est l’Empire n’a pas pour effet de reconstituer à l’échelle internationale un super-État venant englober les petits États : cela équivaudrait en effet à une nouvelle centration de l’espace mondial à partir d’une hiérarchie de pouvoirs subordonnés les uns aux autres. L’image de la pyramide à trois étages (au sommet le monopole de la force, juste en dessous les sociétés transnationales et la plupart des États-nations, à la base les ONG) n’entend nullement suggérer une telle hiérarchie, elle donne seulement à voir la réalité d’une « hybridation » entre les différentes fonctions du pouvoir. La nouvelle souveraineté est en réalité décentralisée et déterritorialisée, elle revêt elle-même la forme d’un réseau et opère par une mise en ordre continue (ordering) ou par une régulation, à la fois fine et diffuse, qui investit tous les points du champ social.
Dans ces conditions, expliquent les auteurs d’Empire, nous n’avons d’autre choix que de « nous défaire une fois pour toutes de la recherche d’un point de vue extérieur, rêve de pureté pour notre politique 11 ». Il faut lucidement faire notre deuil de tout « être-dehors ». Aussi le maître mot de toute opposition sérieuse à l’Empire est-il « être-dans », c’est-à-dire agir à l’intérieur de l’Empire et sur le terrain même de l’Empire. À ce nouveau paradigme du pouvoir correspond en effet un nouveau paradigme de la résistance au pouvoir. À la souveraineté impériale correspond une nouvelle manière d’être des luttes, caractérisée par la réticularité et l’incommunicabilité...
06:02 Publié dans A propos du Capital | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marx, empire, negri, capitalisme, communisme, usa
lundi, 05 mai 2008
Ezra Pound - What is Money For ?
We will never see an end of ructions, we will never have a sane and steady administration until we gain an absolutely clear conception of money. I mean an absolutely not an approximately clear conception. I can, if you like, go back to paper money issued in China in or about A.D. 840, but we are concerned with the vagaries of the Western World. FIRST, Paterson, the founder of the Bank of England, told his shareholders that they would profit because "the bank hath profit on the interest of all the moneys which it creates out of nothing." What then is this "money" the banker can create out of nothing"?
Let us be quite clear. Money is a measured title or claim. That is its basic difference from unmeasured claims, such as a man's right to take all you've got under war-time requisition, or as an invader or thief just taking it all. Money is a measure which the taker hands over when be acquires the goods he takes. And no further formality need occur during the transfer, though sometimes a receipt is given. The idea of justice inheres in ideas of measure, and money is a measure of value.
21:11 Publié dans A propos du Capital | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ezra pound
