samedi, 03 mai 2008

Ville nouvelle, vecteur de contre-civilisation

1163425255.jpg[Euro-Synergies] La revue du Dr. Hans-Dietrich Sander, Staatsbriefe, a publié il y a près de dix ans (n°11/1996) un dossier sur la ville ensauvagée de notre fin de millénaire. Les événements qui ont secoué les banlieues françaises en novembre 2005 nous obligent à méditer une fois encore ce texte fondamental dû au philosophe allemand Knörzer, qui fait figure de véritable prophète aujourd’hui. Nous en avions publié, dans les colonnes de “Vouloir”, l’introduction et le texte complet.

lundi, 28 avril 2008

Mai 68 par Alain de Benoist

989819579.jpg[ER] La commémoration de Mai 68 revient tous les dix ans, avec la même marée de livres et d’articles. Nous en sommes au quatrième épisode, et les barricadiers du « joli mois de mai » ont aujourd’hui l’âge d’être grands-pères. Quarante après, on discute toujours pour savoir ce qui s’est exactement passé durant ces journées-là – et même s’il s’est passé quelque chose. Mai 68 a-t-il été un catalyseur, une cause ou une conséquence ? A-t-il inauguré ou simplement accéléré une évolution de la société qui se serait produite de toute façon ? Psychodrame ou « mutation » ?

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dimanche, 16 mars 2008

L'homme (dés)intégré

1387477562.jpgQu’espérer d’une enveloppe creuse qui tente de reconnecter des fils dont elle ne connaît plus l’origine ? Précisément, un sursaut existentiel présupposerait ce que la Modernité vise essentiellement à détruire ; et semble être parvenue à détruire : la personnalité n’est plus qu’une illusion aux accents logiquement mercantiles, et l’invoquer ne peut que renforcer le système global de prise en charge de « la France des robots ». Durant les périodes d’abattement, ce qui pourrait donc ressembler à un dégoût est réinterprété par l’interface de la Marchandise, le manque d’être reformulé en un besoin vital d’avoir, qu’il soit humain ou strictement matériel - ce que le processus de chosification tend à rendre parfaitement équivalent. En lieu et place du dégoût, l’exo-instinct que la Marchandise impose à l’individu enclenche l’une de ses procédures d’urgence, et en l’absence d’une personnalité réelle, il ne peut finalement qu’être supplée par l’instinct de type zoologique qui saisit immédiatement le risque de surchauffe et d’implosion du système parasité, incapable d’interpréter et de gérer ses contradictions. Détruire toute trace d’une « révolte du moi » devient alors l’objectif prioritaire et paradoxal de tout l’organisme humain perverti, afin d’assurer sa survie. Chez l’individu-esclave, le problème est nécessairement la solution : l’impossibilité technique de penser et vivre autrement induit l’obligation de supprimer l’identification des causes du malheur. Ainsi, plus un évènement s’avère néfaste pour la personne humaine, plus il induit une série de contre-mesures visant à l’accentuer, afin de détruire tout ce qui laisse encore désigner le « mal » (et par extension le « bien ») et de maintenir l’organisme en vie. Mais à quel prix ? La conséquence d’un tel fonctionnement est la multiplication et l’aggravation des névroses, qui confondent progressivement instinct-parasitaire et instinct originel par l’élaboration d’une nouvelle Humanité caractérisée par un niveau d’existence absolument inférieur, du traitement général de la population dépendant la réussite de chaque opération.
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