jeudi, 01 mai 2008

Le ''dernier homme'' de Nietzsche

On surveillera avec intérêt la revue semestrielle de philosophie et de sciences humaines Le Portique [signalée par Europe-Puissance]. 

1249706577.jpg"Le processus fondamental des Temps modernes, c’est la conquête du monde en tant qu’image conçue. Le mot image signifie maintenant la configuration (Gebild) de la production représentante. En celle-ci l’homme lutte pour la situation lui permettant d’être l'étant qui donne la mesure à tout étant et arrête toutes les normes…. Pour cette lutte entre visions du monde et conformément au sens de cette lutte, l’homme met en jeu la puissance illimitée de ses calculs, de ses planifications et de sa culture universelle."

Martin Heidegger (Chemins qui ne mènent nulle part). 

 
On lira en particulier l'article de Benoît Goetz consacré au personnage du dernier homme de Nietzsche.

"Il y a, chez les femmes et chez les hommes de ce temps, une manière plutôt souveraine de perdre pied sans angoisse, et de marcher sur les eaux de la noyade du sens. Une manière de savoir, précisément, que la souveraineté n’est rien, qu’elle est ce rien dans lequel le sens, toujours, s’excède. Ce qui résiste à tout, et peut-être toujours, à toute époque, ce n’est pas un médiocre instinct d’espèce ou de survie, c’est ce sens-là."

Jean-Luc Nancy (Le Sens du monde)

vendredi, 25 avril 2008

Post-humanisme - Règles pour le Parc humain

772533361.jpgIl suffit qu’il soit bien clair que les prochaines longues périodes seront pour l’humanité celles des décisions politiques concernant l’espèce. Ce qui se décidera, c’est si l’humanité ou ses principales parties seront capables d’introduire des procédures efficaces d’auto-apprivoisement. C’est que la culture contemporaine est elle aussi le théâtre du combat de titans entre domestication et bestialité, et entre leurs médias respectifs. Dans un processus de civilisation qui doit affronter une vague de désinhibition sans précédent, il serait bien surprenant que l’apprivoisement enregistre des succès. Savoir, en revanche, si le développement va conduire à une réforme génétique de l’espèce ; si l’anthropo-technologie du futur ira jusqu’à une planification explicite des caractères génétiques ; si l’humanité dans son entier sera capable de passer du fatalisme de la naissance à la naissance choisie et à la sélection pré-natale, ce sont là des questions encore floues et inquiétantes à l’horizon de l’évolution culturelle et technologique.

Lire Règles pour le Parc humain

Réponse à la lettre sur l'humanisme 

par Peter Sloterdijk 

jeudi, 10 avril 2008

Chantal Desol interroge Jean-François Mattéi

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Dans cette belle description du génie européen (génie au sens premier de “caractère propre”), je vois d’abord une forte croyance européocentrée : dès les premières pages, vous citez Husserl et plus loin Patocka, son disciple, et l’on a le sentiment que vous les rejoignez dans vos analyses successives : l’Europe serait-elle donc, comme le disait autrefois Brugmans, “la métropole du genre humain” ?
 
Je m’inscris effectivement dans la lignée de Husserl, de Patocka et de Hegel, mais aussi de Baudelaire, de Proust ou de Kundera. Il s’agit d’envisager ce qui a fait l’originalité de la culture européenne dans le sens étendu qui était celui que Cicéron a donné au mot cultura. Or, les œuvres majeures de notre patrimoine, ce que Braudel nommait ses « unités brillantes » pour qualifier leur rayonnement universel, soulignent la spécificité du regard que l’Europe a porté sur le monde.

Ce “regard” est d’ordre théorique en ce qu’il vise intentionnellement une idée éloignée de toute empiricité : l’idée de vérité, l’idée de justice, l’idée de bien ou l’idée d’humanité.
 

vendredi, 14 mars 2008

L'avènement de la démocratie


Le regard vide de l'Europe - Jean-François Mattei

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