mardi, 03 juin 2008

Fin et retour de l’humanisme

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Le débat sur l’humanisme est crucial pour notre avenir puisqu’il porte en définitive sur la définition de l’humanité prochaine, mais il révèle aussi certains traits essentiels de l’esprit du temps présent. En effet, on peut voir dans ce débat une illustration des apories intellectuelles que nous rencontrons aujourd’hui, sous la forme par exemple d’une tension irrésolue entre l’idée politique et morale de l’homme comme sujet libre, qui se trouve au fondement de nos institutions et, par ailleurs, la représentation de notre réalité fournie par la science, notamment la biologie. Il ne s’agit pas ici de prétendre que ces diverses conceptions soient en contradiction, mais convenons que leur coexistence est source de tensions multiples au sein de la culture contemporaine. La discussion entourant l’humanisme illustre parfaitement plusieurs aspects fondamentaux de ce que nous pourrions appeler la précarité symbolique de notre situation de pensée.
 
D’autre part, ces mêmes recherches permettent d’entrevoir que de nouvelles aspirations morales prennent place aujourd’hui, qui sans être en rupture avec celles qui les ont précédées au sein de la modernité, n’en sont pas moins différentes en raison de leurs motifs sous-jacents. On constate ainsi, que ce soit en Allemagne ou ailleurs, l’émergence d’une volonté d’en finir avec les injonctions morales des générations précédentes, voire de se déprendre du poids symbolique associé à l’expérience proprement catastrophique du XXe siècle. Il s’agirait, si le projet d’un humanisme nouveau parvenait à se réaliser, de délaisser la posture sceptique qui a dominé tout l’univers des idées, en réaction notamment à la démesure des mobilisations politiques qui ont marqué tragiquement l’histoire récente, pour reprendre la tâche, là où elle a été laissée, d’élaborer une pensée de l’humanité de l’homme qui convienne à un âge caractérisé par le déploiement virtuellement illimité de notre puissance technique.
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vendredi, 25 avril 2008

Post-humanisme - Règles pour le Parc humain

772533361.jpgIl suffit qu’il soit bien clair que les prochaines longues périodes seront pour l’humanité celles des décisions politiques concernant l’espèce. Ce qui se décidera, c’est si l’humanité ou ses principales parties seront capables d’introduire des procédures efficaces d’auto-apprivoisement. C’est que la culture contemporaine est elle aussi le théâtre du combat de titans entre domestication et bestialité, et entre leurs médias respectifs. Dans un processus de civilisation qui doit affronter une vague de désinhibition sans précédent, il serait bien surprenant que l’apprivoisement enregistre des succès. Savoir, en revanche, si le développement va conduire à une réforme génétique de l’espèce ; si l’anthropo-technologie du futur ira jusqu’à une planification explicite des caractères génétiques ; si l’humanité dans son entier sera capable de passer du fatalisme de la naissance à la naissance choisie et à la sélection pré-natale, ce sont là des questions encore floues et inquiétantes à l’horizon de l’évolution culturelle et technologique.

Lire Règles pour le Parc humain

Réponse à la lettre sur l'humanisme 

par Peter Sloterdijk 

jeudi, 10 avril 2008

Chantal Desol interroge Jean-François Mattéi

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Dans cette belle description du génie européen (génie au sens premier de “caractère propre”), je vois d’abord une forte croyance européocentrée : dès les premières pages, vous citez Husserl et plus loin Patocka, son disciple, et l’on a le sentiment que vous les rejoignez dans vos analyses successives : l’Europe serait-elle donc, comme le disait autrefois Brugmans, “la métropole du genre humain” ?
 
Je m’inscris effectivement dans la lignée de Husserl, de Patocka et de Hegel, mais aussi de Baudelaire, de Proust ou de Kundera. Il s’agit d’envisager ce qui a fait l’originalité de la culture européenne dans le sens étendu qui était celui que Cicéron a donné au mot cultura. Or, les œuvres majeures de notre patrimoine, ce que Braudel nommait ses « unités brillantes » pour qualifier leur rayonnement universel, soulignent la spécificité du regard que l’Europe a porté sur le monde.

Ce “regard” est d’ordre théorique en ce qu’il vise intentionnellement une idée éloignée de toute empiricité : l’idée de vérité, l’idée de justice, l’idée de bien ou l’idée d’humanité.
 

vendredi, 14 mars 2008

L'avènement de la démocratie