dimanche, 10 février 2008
L'archevêque suicidaire

Au Royaume-Uni, plusieurs voix s'élèvent pour réclamer la démission de l'archevêque de Canterbury après ses déclarations sur la loi islamique, la charia. Sa démission est même réclamée jusque dans les rangs de l'Église anglicane.
Samedi, l'archevêché de Canterbury a tenté d'éteindre cette polémique en expliquant ses propos. Sur son site web, Rowan Williams a même publié un texte en ce sens.
Jeudi dernier, il a indiqué que l'adoption de certains aspects de la loi islamique au Royaume-Uni était inévitable. Il estime que les Britanniques doivent entrevoir la loi islamique avec ouverture d'esprit. De plus, il juge qu'il est possible de parvenir à un « arrangement constructif » sur certains sujets.
Par ailleurs, il a souligné qu'il n'y a pas de place pour les châtiments extrêmes et la discrimination envers les femmes au Royaume-Uni.
De vives réactions
Ces propos avaient immédiatement déclenché de vives réactions, y compris du côté du premier ministre britannique Gordon Brown. Au moins deux membres du synode général ont réclamé la démission de Rowan Williams, tandis que le tabloïd The Sun a lancé une campagne auprès de ses lecteurs pour obtenir son départ.
L'évêque de Rochester, Michael Nazir-Ali, qui a des liens avec la chrétienté et l'Islam, et l'évêque de Southwark, Tom Butler, ont fait part de leurs inquiétudes après ces propos. Ce dernier a souligné que l'archevêque avait mis le pied dans un véritable « champ de mines », mais soulevé néanmoins des questions légitimes.
Pas que des mécontents
Les propos de l'archevêque ont été salués samedi par Al-Azhar. Il s'agit de la plus haute institution de l'islam sunnite. Elle juge inévitable l'adoption de certains aspects de la charia au Royaume-Uni.
L'adjoint de l'imam d'Al-Azhar, cheikh Abdel Fattah Allam, a mentionné à l'agence égyptienne Mena que les déclarations de l'archevêque ont un impact positif chez les musulmans. Il considère que, même si elles provoquent un tollé chez les Britanniques, elles « encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions ». Nous sommes loin de Saint Bernard. Le clergé comme le poisson pourrit par la tête.
18:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Royaume-Uni, Charia, Archevêque de Canterbury, Rowan Williams
