dimanche, 23 mars 2008

L'auto-affirmation de l'Université

1599429048.jpgRemplaçant à la tête de l’université de Fribourg le social-démocrate von Möllendorf, qui n’exerça sa charge que quelques jours, Heidegger entend rénover l’Université allemande, et par là l’Allemagne tout entière ainsi que la civilisation européenne.  

Le Discours du Rectorat a aussi bien un aspect philosophique qu’un aspect politique. Réorganiser le savoir et la science, c’est tresser un nouveau lien entre l’action et la pensée. La théorie comprise comme authentique pratique, idée héritée des penseurs grecs anciens, désigne la mission spirituelle de l’université :

« il ne s’agit pas « d’assimiler la praxis (action) à la théorie (savoir, contemplation), mais au contraire de comprendre la théorie elle-même comme la plus haute réalisation de la praxis authentique. Pour le Grecs, la théorie n’est pas un « bien culturel » comme un autre, mais le centre le plus intimement déterminant de l’ensemble de l’existence populaire au sein de l’Etat ».

Heidegger propose de réorganiser le travail des étudiants en trois « services », du travail, de la défense et du savoir:

« La première obligation est celle qui les conduit à la communauté populaire. Elle leur fait un devoir de prendre part à la peine, aux aspirations, aux capacités de tous les membres du peuple, quel que soit leur état, en partageant le fardeau et en mettant la main à la pâte.

Cette obligation est désormais fixée et enracinée dans l’existence étudiante par le service du travail. »

« Le deuxième lien est celui qui lie à l'honneur et au destin de la nation, au milieu des autres peuples. II demande - assurée en savoir et savoir-faire, et tendue par la discipline - la disponibilité à payer de sa personne jusqu'au bout. Ce lien embrasse et traverse à l'avenir le Dasein étudiant tout entier comme service de défense. »

« La troisième obligation de la communauté étudiante est celle qui la lie à la mission spirituelle du peuple allemand. Ce peuple travaille à son destin dans la mesure où il place son histoire dans une certaine possibilité : celle de manifester la surpuissance de toutes les puissances formatrices de monde de l’existence humaine, et où il conquiert toujours à nouveau son monde spirituel. (…) Une jeunesse étudiante qui se risque tôt dans l’âge adulte et qui étend son vouloir jusqu’au destin à venir de la nation, s’oblige de fond en comble au service de ce savoir. (…) Mais ce savoir n’est pas pour nous la tranquille prise de connaissance d’essentialités et de valeurs-en-soi, il est la plus tranchante mise en péril de l’existence au milieu de la surpuissance de l’étant. (…)

Les trois liens – lien par le peuple au destin de l’Etat dans une mission spirituelle – sont pour l’essence allemande également originels. Les trois services qui sortent de là – le service du travail, le service militaire, le service du savoir – sont également nécessaires et de rang égal. » 

Texte traduit du Discours du Rectorat

lundi, 17 septembre 2007

Fête de la pressée

vendredi, 07 septembre 2007

Deux textes de Johannès Thomasset

Le Chant Burgonde

Portrait de Dijon

mercredi, 05 septembre 2007

Conte traditionnel de Bourgogne - La chouette et l'Architecte

ad23de23fcad76ff1e603bd8040d0fce.jpgLe soir tombait. Sur le chemin, un homme se hâtait.

           Une bonne lieue le séparait encore de la ville dont il apercevait les remparts. Il y dormirait ce soir, à l’abri de l’enceinte, s’il arrivait avant la fermeture des portes.

            Mais il était prévu que ce soir ne serait pas un soir ordinaire et que la volonté de l’homme s’effacerait devant une volonté plus forte.

            Cette volonté était celle d’un oiseau ; d’un simple oiseau blessé qui gisait dans la terre du chemin. L’homme reconnut une chouette et il s’arrêta d’un coup, sans réfléchir, sans penser à rien.

            Une chouette ! L’oiseau de la déesse Athéna, la grande mère au regard pénétrant…

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