dimanche, 27 avril 2008
Trois jeunes soldats
[Signalé par LCN] Un brillant essai, signé Maurizio Serra, retrace trois des plus extraordinaires aventures intellectuelles du XXe siècle. Comme ils sont irritants, tous les trois! Plus soucieux de se construire une légende que de s'imposer par leur oeuvre. Jouant au «grand écrivain», mais si peu sûrs de l'être. L'un, Aragon, passant d'une jeunesse romantique à une maturité totalitaire; l'autre, Drieu, rongé par un sentiment de faiblesse qu'il essaie de transformer en idéologie de la force; le troisième, Malraux, compensant la mort de Dieu et l'échec des révolutions par des gesticulations théâtrales. Classés pour l'éternité l'un communiste, l'autre fasciste, le troisième gaulliste, mais tous les trois, au fond, esthètes déguisés en anti-bourgeois minés par la honte de n'être que des bourgeois, unis par la recherche éperdue d'un père protecteur, à qui le hasard ou le destin prêteront la figure, presque interchangeable, de Thorez, Doriot ou de Gaulle.12:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, drieu la rochelle, malraux, aragon, maurizio serra
mercredi, 31 octobre 2007
Jean-Roger Caussimon
« Le théâtre est mon amour, la chanson ma tendresse »
Jean-Roger Caussimon (1918-1983) représente l’artiste, dans toute l’acceptation du mot. On ne peut pas oublier son regard franc, sa démarche lente, sa voix grave. Il avait une haute stature. Son auditoire était impressionné. Et pourtant il paraissait si humble. Pour un peu il aurait ôté sa casquette de marin pour vous saluer…
Jean-Roger était un homme organisé, un archiviste méticuleux. Ces écrits étaient contenus dans des cahiers ou bien dactylographiés. Depuis 1944, Jean-Roger Caussimon avait maintenu un équilibre entre la chanson et son activité d’acteur. Un acteur qui n’a pas connu d’intermittence. Heureux homme. Il passait allégrement du théâtre au cinéma, de la radio à la télévision. Ses emplois variaient de la tragédie aux rôles comiques. Comment trouvait-il le temps d’écrire ?
" Je me levais tôt. De 4 heures du matin jusqu’à 11 heures j’ai beaucoup écrit. Pas autant que Victor Hugo que j’admire. Mais tout de même. Le plus bel ordinateur, selon moi, c’est le cerveau ! Peu de poètes, peu d’écrivains sont capables d’écrire des chansons. Il doit leur manquer le public. Nous autres, comédiens, nous sommes du côté des tréteaux, des cabarets. Mon critère c’est la sincérité. "
Le Lapin Agile, d’abord, fut son port d’attache . Il s’attardait de temps à autre à l’Écluse, aux Trois Baudets, chez Gilles . Jean Roger se voulait seulement " chansonnier " au début alors qu’il était un poète reconnu. En 1967 il fait déjà parti de la riche collection " Poètes d’aujourd’hui " chez Pierre Seghers Éditeur, avec une très longue préface rédigée par son ami Léo Ferré.
15:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Chanson, poésie, Littérature, Jean-Roger Caussimon
vendredi, 26 octobre 2007
Le lit en croix
Il n'est que jobardise d'espérer le frisson
Là où tous les modernes tirent satisfaction
Les bustes de la ville nous laissent sans saveur
Tandis que c’est le froid qui rallume nos cœurs
Un froid tranchant d’hiver où les vents sont des piques
Où les chants de bataille crachent du sang magique
Et même si la glace adoucit ma vision
Cette décrépitude d’un peuple sans passion

J’avoue ne la maudire qu’au sommet de la peur
Lorsque l’air est infime, que l’on croit qu’on se meurt
Que le son de la voix est un beau châtiment
Pour ceux qui espéraient un lit bien assez grand
Un lit comme beaucoup d’autres, qui méprise le courage
Qui redoute le combat, recule devant l’orage
Bien heureux pour les lâches de servir de croix
Ils ne diront jamais : « Mon enfant… Pardonne moi ! »
Youri Moriganski
17:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, littérature, poême
samedi, 06 octobre 2007
Ce cher et vieux norvégien
A la fin de l'occupation allemande Hamsun est considéré comme un traître dans son pays.
Hamsun cependant ne regrette rien, ne laisse jamais transparaître le sentiment d'une faute. À la manière de Nagel, le héros de l'un de ses plus célèbres romans, Mystères, son comportement reste déroutant. "J'ai la paix, écrit-il, mon esprit est pur et ma conscience libre"; d'autant plus qu'après la mort de Hitler il trouve pourtant le moyen de publier cette nécrologie insensée dans un journal norvégien :
"Je ne suis pas digne de parler à voix haute d'Adolf Hitler, et sa vie et ses actes n'invitent à aucun attendrissement sentimental. Ce fut un guerrier, qui fit la guerre pour l'humanité, et un prophète de l'Évangile de Justice pour toutes les nations. Ce fut un réformateur du plus haut rang, et son destin historique fut tel qu'il vécut dans une époque d'une cruauté sans exemple, qui finalement l'abattit. C'est ainsi que les Européens de l'Ouest doivent voir Adolf Hitler, et nous autres, ses disciples, nous courbons maintenant la tête devant sa mort."
Le gouvernement le considère comme sénile et tente de l'intégrer dans un hospice puis une clinique psychiatrique.
Il publie alors en 1949 "Paa Gjengrodde Stier" (Sur les sentiers où l'herbe repousse).
Il va s'acharner à se justifier ou, plus exactement ; tantôt avec ironie, tantôt avec colère, ici jouant le vieux, là retrouvant sa verve inlassable ; à accuser, à esquiver les problèmes. Il va même, éventuellement, expliquer, mais sans chercher à convaincre : les hauteurs où il respire ne sont à ses yeux pas accessibles aux bien-pensants et aux redresseurs de torts.
Et c'est son chef-d'oeuvre. D'instinct, par grâce, il retrouve le meilleur de lui-même, veine conteuse, génie de ressusciter le passé, création de son éternel personnage, humour primesautier, finesse percutante et l'incoercible jeunesse d'un coeur qui n'a jamais pu battre qu'au rythme de ses vingt ans. La vie, la force de vie, l'amour inconditionnel de toute vie éclatent à chaque page de ce chant du cygne d'une déchirante intensité.
Il faut faire droit, plusieurs décennies après, l'Histoire ayant tourné la page, au cri du coeur de ce « vieillard aux facultés mentales durablement affaiblies » que l'on voulait abattre : « Je me réjouis de revivre ».
" Un, deux, trois, quatre, je reste ainsi assis à noter et rédiger de petits morceaux pour moi-même. Pour rien, juste par habitude. Je distille des mots prudents. Je suis un robinet qui goutte, un, deux, trois, quatre. Je suis un réaliste au plus haut sens du terme, c’est-à-dire que je montre les profondeurs de l’âme humaine. Ce qui m’intéresse, c’est l’infinie variété des mouvements de l’âme, l’étrange originalité de la vie mentale".
Hamsun avait presque quatre-vingt-dix ans lors qu'il écrivit ce récit autobiographique.
Il meurt le 19 février 1952.
Hamsun fait partie de ces auteurs du début du XXème siècle qui placent l'individu au centre de grands questionnements sur le monde, mettant en avant un homme à la fois faible et fort, capable de raisonner mais faisant preuve d'une sensibilité extrême.
A ce titre Hamsun se rapproche clairement de Klaus Mann, Robert Musil ou encore Halldor Laxness.
Mais à la différence de ceux-ci qui choisissent le communisme, Hamsun choisit le fascisme, de la même manière que Drieu La Rochelle. Comme Drieu La Rochelle, Hamsun assume un choix politique d’aventurier et de révolutionnaire européen.
Hamsun propose la fuite du monde moderne pour contrer l'influence de celui-ci sur la société traditionnelle norvégienne. Il remet en cause l'industrialisation - le progrès - pour réaffirmer la nécessité vitale d'une vie en harmonie avec la nature.
En ce sens ce romantisme se rapproche clairement des thèmes mis en avant par le fascisme allemand, en lequel Hamsun a cru se reconnaître. Il mettra d'ailleurs en avant le patriarcat de la société paysanne traditionnelle, bien qu'il exprime également paradoxalement l'impossibilité pour celui-ci de se maintenir, ce qui rappelle le mot de Friedrich Engels au sujet de Balzac:
"le fait que Balzac ait été ainsi contraint à agir contre ses propres sympathies de classe et contre ses préjugés politiques, qu’il ait reconnu le caractère irréversible de ses chers aristocrates et qu’il les ait représentés comme des hommes qui ne méritaient pas un sort meilleur, qu’il ait vu les hommes de l’avenir là où il était seul possible de les trouver, voilà ce que je considère comme un des plus grands triomphes du réalisme et un des traits les plus grandioses du vieux Balzac " (Lettre à Miss Harkness, avril 1888).
J de St M
17:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Hamsun, Fascisme, Identité, Tradition
mardi, 18 septembre 2007
L'être-dans-le-monde
La relation d'inclusion d'un être dans un autre : "est une détermination catégoriale qui ne peut, comme telle, s'appliquer à l'être-là. L'être-dans-le-monde est un existential, c'est-à-dire une détermination constitutive de l'exister humain, un mode d'être propre à l'être-là. (...) L'être-dans-le-monde, en tant qu'existential, est une relation originaire. L'être-là n'existe pas d'abord isolément, à la façon du sujet cartésien par exemple, pour entrer ensuite en relation avec quelque chose comme le monde, mais se rapporte d'emblée au monde qui est le sien. Le phénomène de l'être-dans-le-monde n'est pas assimilable, en particulier, à la connaissance d'un objet par un sujet. Loin d'être interprétable comme une relation gnoséologique, l'être-dans-le-monde est bien plutôt ce qui précède et rend possible toute connaissance, c'est-à-dire la saisie thématique de l'étant comme tel" (A. Boutot, Heidegger, PUF, 1989, p. 27.)
06:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Martin Heidegger, Paul Ricoeur, philosophie, ontologie, littérature
jeudi, 02 août 2007
Les étoiles de compostelle - la déesse vierge

C'était la première fois que Jehan voyait les "pauvres soldats du Christ", que l'on appelait, depuis peu, les Chevaliers du Temple.
07:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vincenot, littérature, paganisme, christianisme, vierge marie, terre mère
mercredi, 01 août 2007
Les étoiles de Compostelle - Vezelay

Une description par Vincenot (Encore!) du tympan de la cathédrale de Vezelay. Où l'on apprend que l'Europe et sa culture sont l'interpénétration du paganisme celtique et des religions sémitiques du Désert. Le premier apportant le flot ondulatoire de la Vie aux secondes... Une sorte d'hommage détourné et tardif à Monseigneur Lustiger, ce Vieil Européen... Nous ne doutons pas qu'il réside dans le cercle de Gwenwed.
23:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vincenot, littérature, paganisme, christianisme, vezelay
