vendredi, 26 décembre 2008

Finitude et ouverture : vers une éthique de l'espace. Sur les fondements de la société.

GLOBE_06.jpg"La différence topologique originelle entre l'intérieur et l'extérieur s'impose dans un premier temps sans jalons matériels massifs ; sur elle repose l'univers magique des identités qui, dans la plénitude démesurée de ses réalisations isolées, répète constamment la loi de la production d'espace dominée par l'endosphère." Dans cette constatation, le philosophe Peter Sloterdijk trouve matière à une réflexion sur la manière dont un groupe humain parvient à créer, sans même avoir recours aux murs, la "serre relationnelle" qui mènera les individus du groupe à leur optimum relatif. Il s'interroge sur la notion "d'intérieur", et sur le rôle de l'étrangeté dans la création des cultures au sein de "sphères" d'où l'on a exclu le mal. Une réflexion hors du commun, comme toujours avec cet auteur, sur la genèse de la sphère sociale et sur le rôle du "bien" et du "mal". Pour tenter de répondre à ces questions, l'exposé prendra appui sur le repérage des ruptures qui ont caractérisé, entre l'Antiquité et le XXe siècle, la longue histoire du livre, de l'édition et de la lecture.

Vidéo

dimanche, 31 août 2008

Sloterdijk au sujet des médias

samedi, 07 juin 2008

La vie dans les sphères : comment vivre dans un oikos éclaté ?

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Salvador Dali - Galatea aux Spheres

Frédéric Neyrat. Docteur en philosophie, ancien Directeur de programme au Collège International de Philosophie. Publications : « Fantasme de la communauté absolue » (L’Harmattan, 2002) ; « L’image hors-l’image » (Leo Scheer, 2003). « Surexposés » (Lignes - Manifeste, 2005) ; « L’indemne. Heidegger et la destruction du monde » (Sens et Tonka, 2008).

Les individuations singulières et collectives ne sont possibles qu’au sein de ce que Peter Sloterdijk nomme des « sphères », des « insulations », des milieux « prothétiques » assurant les médiations entre ces individualités, ainsi que les formes de protections nécessaires à l’épanouissement de la vie. Or notre époque traverse une crise majeure de l’habiter, une fragilisation, voire une destruction des territoires existentiels. Les « sphères » collectives ont éclaté sous le coup de la globalisation capitaliste et de la modernisation techno-scientifique. Ce texte analyse les tentatives de substitution méga-sphérologique type Biosphère ou Noosphère, ainsi que les replis subjectifs sur des micro-sphères autistiques. Si les secondes sont dangereuses, les premières sont ambiguës. L’écologie politique devrait selon nous prendre en considération et ce danger, et cette ambiguïté.
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mardi, 03 juin 2008

Fin et retour de l’humanisme

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Le débat sur l’humanisme est crucial pour notre avenir puisqu’il porte en définitive sur la définition de l’humanité prochaine, mais il révèle aussi certains traits essentiels de l’esprit du temps présent. En effet, on peut voir dans ce débat une illustration des apories intellectuelles que nous rencontrons aujourd’hui, sous la forme par exemple d’une tension irrésolue entre l’idée politique et morale de l’homme comme sujet libre, qui se trouve au fondement de nos institutions et, par ailleurs, la représentation de notre réalité fournie par la science, notamment la biologie. Il ne s’agit pas ici de prétendre que ces diverses conceptions soient en contradiction, mais convenons que leur coexistence est source de tensions multiples au sein de la culture contemporaine. La discussion entourant l’humanisme illustre parfaitement plusieurs aspects fondamentaux de ce que nous pourrions appeler la précarité symbolique de notre situation de pensée.
 
D’autre part, ces mêmes recherches permettent d’entrevoir que de nouvelles aspirations morales prennent place aujourd’hui, qui sans être en rupture avec celles qui les ont précédées au sein de la modernité, n’en sont pas moins différentes en raison de leurs motifs sous-jacents. On constate ainsi, que ce soit en Allemagne ou ailleurs, l’émergence d’une volonté d’en finir avec les injonctions morales des générations précédentes, voire de se déprendre du poids symbolique associé à l’expérience proprement catastrophique du XXe siècle. Il s’agirait, si le projet d’un humanisme nouveau parvenait à se réaliser, de délaisser la posture sceptique qui a dominé tout l’univers des idées, en réaction notamment à la démesure des mobilisations politiques qui ont marqué tragiquement l’histoire récente, pour reprendre la tâche, là où elle a été laissée, d’élaborer une pensée de l’humanité de l’homme qui convienne à un âge caractérisé par le déploiement virtuellement illimité de notre puissance technique.
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